Page de couve de "Mémoire d'une source troublée"

Un crépuscule:

 

Le crépuscule qui tombait doucement,
Enveloppant langoureusement la lagune de son étreinte,
Ressemblait étrangement à celui où il avait croisé le chemin
De cette jeune faucheuse venue lui ravir son aimée.
Il frissonna et remonta le col de son caban.
La bruine qui caressait son visage, maintenant jouait une complainte
Et essayait de pénétrer sa peau ridée tel un vieux parchemin.
Elle était là, d’ores et déjà il la sentait autour de lui tourner.


Une ombre au-dessus de lui passa d’abord subrepticement
Puis revint, dansante, virevoltante, affriolante.
Fugace et vive, tel un feu follet,
Elle essaya de l’ensorceler.
Puis, les chants des sirènes l’attirèrent doucement
À l’endroit même où sa douce avait disparu près des agapanthes
Dont le parfum si délicat et léger
Sa mémoire olfactive venait de réveiller.


La faucheuse apparut au loin, lui faisant signe d’avancer.
Transporté par les mélodies, il ne pouvait résister, et, s’exécutait.
Un halo de lumière semblait le guider, sa défunte âme soeur était venue le chercher
Afin de le délivrer de la peine sans fin qu’il éprouvait.
Elle était là, au bout du chemin, qui l’attendait.
Il la prit par la main et ils s’en furent ainsi bras dessus dessous, l’un à l’autre comme soudés,
Évoquant ensemble leur passé, sachant qu’ils étaient réunis pour l’éternité.


Alors, l’aube décida de se lever…